Warning: Use of undefined constant ‘memory_limit’ - assumed '‘memory_limit’' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /homepages/29/d159555958/htdocs/printempschallans/wp-config.php on line 23

Warning: Use of undefined constant ’50M’ - assumed '’50M’' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /homepages/29/d159555958/htdocs/printempschallans/wp-config.php on line 23
Dans l'air du temps » Blog Archive » La France en Ă©tat de mal endĂ©miqueLa spasmophilie antisarkozyste s’Ă©tend -->

La France en état de mal endémique
La spasmophilie antisarkozyste s’Ă©tend

Écrit le 6 octobre 2009 par Jiceo

 

• Mon pays, la France, entretient son hypocondrie. La spasmophilie antisarkozyste devient endĂ©mique. Pas un journal, pas une Ă©mission qui ne colporte son analyse antisarkozyste, sa blague antisarkozyste, sa charge antisarkozyste… De la presse Ă©crite Ă  l’exubĂ©rant web, de la radio Ă  la tĂ©lĂ©vision, des journaux quotidiens aux Ă©missions politiques, des talk-shows qui se prennent au sĂ©rieux Ă  ceux qui tournent tout en dĂ©rision, des Ă©ditorialistes patentĂ©s aux billettistes occasionnels, des manchettes allusives aux lĂ©gendes assassines, les petits ruisseaux d’aigreurs convergent en torrent de bile. Ajoutez-y la litanie des rĂ©actions convulsives, parfois violentes, hoquetĂ©es par les lecteurs de journaux en ligne, et le torrent des humeurs antisarkozystes devient fleuve. Et je vous fais grâce des dizaines de livres dans le mĂŞme registre et des conversations privĂ©es qui ne rehaussent pas le tableau.

Première qualité journalistique : le mimétisme

Évidemment le brocard des hommes politiques n’est pas nouveau. Chaque Ă©poque a ses cibles favorites. Le gĂ©nĂ©ral De Gaulle, Michel DebrĂ©, Raymond Marcellin, Jean Royer, ValĂ©ry Giscard-d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et bien d’autres encore ont Ă  des titres divers connu la gloire satirique. Mais ce qui vise Nicolas Sarkozy est sans commune mesure. Je n’ai pas le souvenir d’une telle intensitĂ© sur une telle Ă©tendue sur une telle durĂ©e dans le clabaudage. Au final, une seule question surnage dans ce flot insalubre. Un homme, quel qu’il soit, peut-il Ă  lui tout seul ĂŞtre comptable de tout le malheur qui pèse sur le monde vivant ? Évidemment, ce n’est pas la critique du prĂ©sident de la RĂ©publique qui me rend perplexe ici mais son caractère systĂ©matique; son caractère massif. Il produit un effet dĂ©vastateur incommensurable : la rĂ©flexion politique semble rĂ©duite Ă  un exercice rĂ©pĂ©titif de tir sur cible humaine. Sans doute pas le meilleur investissement pour l’avenir du pays. C’est terrifiant de voir et entendre sur tous les mĂ©dias les mĂŞmes extraits des mĂŞmes dĂ©clarations chargĂ©s des mĂŞmes intentions sous-jacentes tourner en boucle Ă  longueur de jour. A se demander si le clonage politico-administratif estampillĂ© ENA n’aurait pas Ă©tendu sa standardisation intellectuelle stĂ©rilisante jusqu’Ă  la presse. A croire que la première qualitĂ© journalistique est le mimĂ©tisme. Bien plus efficace que le novlangue orwellien.

Hâbleur de tréteaux

C’est l’effet de masse produit par l’accumulation dans l’espace et dans le temps qui trouble et interroge. L’exemple le plus hallucinant est celui de Jean-François Kahn s’efforçant de prouver la folie de Nicolas Sarkozy. La vidĂ©o donne Ă  voir un JFK vĂ©hĂ©ment brasser de l’air comme un soufflet de forge, haussant le ton pour garder le monopole de la parole chaque fois qu’un interlocuteur tente de lui rĂ©pondre ; bref on y voit un hâbleur de trĂ©teaux dont l’Ă©tat d’exaltation rĂ©duit Ă  nĂ©ant la tentative de dĂ©monstration, ou pire, la retourne contre lui-mĂŞme par un effet de miroir saisissant. Car, assurĂ©ment, nul ne peut prĂŞter Ă  autrui ce dont il ne dispose pas. Autrement dit, on ne peut prĂŞter Ă  autrui (Nicolas Sarkozy) que ce que l’on possède en propre: un narcissisme immodĂ©rĂ©. Mais Jean-François Kahn n’est qu’un exemple. Un parmi les autres. Au bout du compte, existe-t-il un seul journaliste qui dĂ©fende ouvertement et explicitement le travail de Nicolas Sarkozy, un seul qui Ă©chappe au mimĂ©tisme professionnel de ceux qui nous annonçaient la fin de la libertĂ© de la presse avec l’Ă©lection de celui-ci?

La farce devient tragique

Sous la baguette d’un chef d’orchestre invisible*, les Français et leurs mĂ©dias semblent au diapason, rivalisant de conformisme pour surfer sur l’air du temps. Mais comment se fait-il donc qu’un seul homme concentre sur lui, Ă  ce point, tous les reproches de la terre ? Regardant le spectacle du monde dans la boite Ă  images, les Français assistent avec dĂ©lectation Ă  la pose des banderilles. Et c’est ici que la farce devient tragique. De leur fauteuil ils ne voient pas que la boite Ă  images est un miroir, grossissant certes, mais un miroir. Ils croient assister au spectacle d’un monde extĂ©rieur qui leur serait Ă©tranger. Ils ne voient pas Ă  quel point ils sont prĂ©sents dans l’ombre de celui qu’ils prennent pour cible. Ils se postent au bord du chemin pour regarder la sociĂ©tĂ© Française comme on regarde une sociĂ©tĂ© Ă©trangère, en spectateurs, comme s’ils n’avaient aucune responsabilitĂ© sur l’Ă©tat des choses? Trop facile. Et quoi, les Français qui brocardent leur chef d’État seraient complètement Ă©trangers Ă  ce qui se joue dans leur pays? En dĂ©nigrant le prĂ©sident de la RĂ©publique (au-delĂ  de la critique politique vitale pour la dĂ©mocratie), les Français se dĂ©nigrent eux mĂŞmes. Mais ils ne le perçoivent pas. D’autant moins que la culture politique du pays (nous y reviendrons) entretient avec soin cet aveuglement.

Le fardeau de la vie

Il faut les voir Ă  l’antenne les animateurs-journalistes, sourire en coin, l’Ĺ“il goguenard et brillant ou bien noir et mĂ©chant selon le personnage qu’ils se composent, il faut les voir amener avec gourmandise leur sujet de prĂ©dilection. Et ils sont persuadĂ©s de faire Ĺ“uvre politique, voilĂ  le tragique de l’affaire. Mais un peu de recul ne laisse entrevoir lĂ , dans cette rĂ©pĂ©tition morbide, qu’un exorcisme ordinaire. Car, le responsable supputĂ© de l’Ă©tat de mal du pays n’en est que le rĂ©vĂ©lateur et pas grand chose d’autre. VoilĂ  la mare dans laquelle se perd la politique en France. On adore rester Ă  la surface des choses. On prend l’image pour la rĂ©alitĂ© qu’elle rĂ©vèle, c’est-Ă -dire qu’elle cache autant qu’elle montre. Nicolas Sarkozy est le rĂ©vĂ©lateur du malaise. Pas la cause. En le chargeant de tous les maux du monde les Français voudraient se dĂ©barrasser d’un fardeau. Le fardeau de la vie. Mais on ne se dĂ©barrasse pas de la vie. Au lieu de la porter comme un fardeau il faudrait apprendre Ă  nous laisser porter par elle. Il nous incombe de transformer le fardeau en radeau. Alors, oĂą peut bien mener cette culture de la dĂ©testation de ses Ă©lites?

( Ă  suivre)

__________________________________

 

* Le chef d’orchestre invisible, c’est cette vieille culture politique française reposant sur l’idĂ©e rabougrie que la notion de critique est synonyme de jugement nĂ©gatif, obligatoirement et exclusivement. Jugement qui peut prendre toutes les formes: l’ironie, le dĂ©nigrement, le rĂ©quisitoire, la condamnation, peu importe. Ce qui compte c’est d’ĂŞtre contre : le stade suprĂŞme de l’esprit critique.

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

Un commentaire sur “La France en Ă©tat de mal endĂ©mique
La spasmophilie antisarkozyste s’Ă©tend”

Laisser une réponse

*