Catégorie : Pour une pensée vivante

Les préjugés sont tenaces

  • – Et donc, que proposez vous ?
    – Libérer les énergies et les talents

    • «Et donc, que proposez vous?» me demande un lecteur de l’article publié hier 1er février: Des enseignants subjugués par… le miroir aux alouettes de Jean-Luc Mélenchon. Il a raison, même si une lecture attentive suggère fortement les limites du jeu de rôle qui se joue dans l’Éducation nationale depuis des lustres et qui a institutionnalisé en comportement exclusif l’attente infondée de solutions universelles qui tomberaient prêtes à consommer du ministère. Infondée parce qu’il n’y a jamais de solution aux problèmes des hommes. Il n’y a que des réponses (toujours provisoires) adaptées au lieu et au temps. Il n’existe pas de réponse universelle intemporelle aux situations vécues ici et là.

    1°- État des lieux

    Passé un certain seuil de développement, un mouvement, quel qu’il soit, s’institutionnalise. Dans ce cours il a tendance à «oublier» la motivation originelle qui l’a fait naître. A l’objectif initial, perdu de vue dans le mouvement même de sa réalisation, se substitue peu à peu un objectif second, implicite: la survie de l’institution en tant que telle pour elle-même. C’est pourquoi (par exemple) l’avantage comparatif de la démocratie (suite…)

  • « Bonnes nouvelles du jour » : un site pour réapprendre à vivre

    • Voilà une idée pour réapprendre à vivre, en ouvrant les yeux et les oreilles. Un premier pas pour s’émanciper de cette culture si perverse de la complainte au long cours: juste un passage quotidien sur le site Bonnes nouvelles du jour.

  • Un titre du Monde éclaire le mal français
    L’accumulation des rapports révèle les limites de l’action politique

    «Un rapport remis en juin alertait le gouvernement sur le centre de rétention de Vincennes» (1). Voici dans ce titre du Monde.fr (24/06/08), une expression du « mal français », éclatant sous son apparente banalité d’information brute ; illustration d’une pensée chétive qui envahit l’espace public. Pour mettre en relief ce « mal français » éclairons-le sous deux angles distincts. L’un prendra le jeu politique institutionnel traditionnel comme ligne de force, celui qui apparaît spontanément au premier degré. L’autre suivra son pendant dans ce qu’on appelle parfois la société civile. (suite…)

  • Quand la morale étouffe la pensée

    France pays des droits de l’Homme où l’on adore faire la leçon. Nos journaux aujourd’hui encore déversent des tombereaux de morale en vrac. Dans le seul Ouest-France du 01/04/2008 on a droit à: Arche de Zoé: les Français graciés et libérés. Un nouvel épisode de cette folle équipée tchadienne où des bienfaiteurs de l’humanité convaincus de porter le bien universel vont faire la leçon à l’Afrique et ne comprennent pas ce qu’on leur reproche. On a droit à: Les OGM à l’Assemblée: un débat sous pression. Un nouvel épisode des tribulations d’une bande d’hurluberlus qui prennent leur science du crédo pour la science et du coup se croient autorisés à saccager des années de recherche scientifique (suite…)

  • Sinistre pensée linéaire

    La société est saturée de ces discours stériles sur les problèmes qui la travaillent: politiques, économiques, sociaux, environnementaux… Leur grande déficience est d’envisager l’avenir sur un mode mineur. La projection dans le futur est si souvent réduite à une extrapolation linéaire du présent immédiat dans une seule direction et selon une seule modalité. Qu’ils nous promettent l’enfer prochain ou un lointain paradis terrestre, ils se plombent tous seuls par leur refus de concevoir et mettre en perspective les changements, les évolutions, les hésitations, les bifurcations, les ruptures… Ils se plombent tous seuls par leur refus de percevoir que la marche continue du monde se poursuit, indifférente à tous les discours réducteurs qui tentent en vain de l’enserrer dans des fantasmes de contrôle absolu de l’activité humaine, de l’action humaine. (suite…)

  • Penser à la hache… pour sauver le monde
    …et finalement se couper les bras (3/3)

    Conséquence pratique

    Toute décision porte en elle la possibilité de l’échec. Toute décision est projection dans l’avenir. Mais l’avenir advenu n’est jamais aussi merveilleux que l’avenir prévu. Évidemment. C’est cette contradiction-là qu’il faut accepter en tant que telle comme tragédie constitutive de la condition humaine. C’est l’acceptation de cette contradiction-là qui nous fait entrer homme dans le monde des hommes: (suite…)

  • Penser à la hache… pour sauver le monde
    …et finalement se couper les bras (2/3)

    Et si le capitalisme était moins un système doté d’une volonté au service d’une finalité qu’un faisceau d’énergies alimentées à la même source: le génie humain? Ainsi le mot capitalisme est-il surtout une facilité de langage. Un tic de langage, pas partout ni chez tous; mais très prégnant chez les moralisateurs impénitents. «Le Capitalisme» est une généralisation du même ordre que (suite…)

  • Penser à la hache… pour sauver le monde
    …et finalement se couper les bras (1/3)

    Quand j’observe le monde et que j’y vois tant de mal, mon cœur souffre. Et levant un poing vengeur je proclame: «supprimons le mal pour qu’advienne le règne du bien.» Alors, succombant à mon courage, je me métamorphose en fantassin prolixe de la lutte finale contre le malheur du monde; dont moi je connais la cause; unique sous ses appellations successives de capitalisme, impérialisme, globalisation… L’origine du mal, naturellement, est extérieure (suite…)