Catégorie : L’air du temps

Glané dans l’air du temps

  • « Les «écolos-pastèques» contre l’écologie »
    (Yves Egal)

    • L’Expansion.com a publié un éclairage fort pertinent signé Yves Egal, Les «écolos-pastèques» contre l’écologie sur l’engouement messianique suscité par l’écologie, qui a la particularité de prospérer sur les cendres tièdes des messianismes d’inspiration marxiste.  A lire sans tarder pour prendre la mesure de cette capacité infinie des « prêcheurs de l’apocalypse »* à saper eux-mêmes les fondations de leurs constructions intellectuelles ; oracles dont la seule force, et la seule raison d’être, est de demeurer à jamais virtuels. (suite…)

  • Relaxé, Dominique de Villepin injurie le tribunal

    • « Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique » a déclaré Dominique de Villepin, suite au jugement (jeudi 28 janvier) qui l’a relaxé dans l’affaire Clearstream. Cette déclaration qui se veut un compliment à l’adresse des juges, saluant leur indépendance à l’égard du pouvoir politique, est en fait une injure. Elle jette une suspicion rétrospective féroce. Le simple fait de se croire autorisé en tant que justiciable (mais ancien secrétaire général de la présidence de la République, ancien ministre) à « saluer le courage du tribunal » incite fortement les justiciables ordinaires à penser que cela ne va pas de soi. Parce que, s’il est un homme bien placé pour connaitre les relations entre le monde politique et le monde judiciaire c’est bien le dénommé Dominique de Villepin. (suite…)

  • L’échec du sommet de Copenhague ou bien…
    L’échec du rêve technocratique de Nicolas Hulot

    Petite mise à jour – 16 janvier 2011

    Couv-CO2 mythe planétaire• Je viens de refermer le livre de Christian Gérondeau, CO2, un mythe planétaire (Editions du Toucan – 2009). En écrivant cette note (ci-dessous) à l’issue du sommet de Copenhague, il y a un peu plus d’un an, je n’avais pas mesuré l’ampleur de la falsification idéologique à l’origine de la croisade médiatique qui avait fabriqué l’évènement.

    J’avais perçu l’outrance du verbe, le manichéisme de l’argumentation, l’arrogance en un mot des écoloprêcheurs, puisqu’ils sont plutôt versés dans le façonnage de peurs millénaristes que dans l’étude approfondie des situations complexes.  Or, la lecture de Christian Gérondeau nous fait entrer dans la dimension cachée de la posture écologiste: on n’est plus dans  l’outrance; on est dans la falsification.

    A lire d’urgence. A faire lire. Vous tous qui voulez vivre sans honte, sans culpabilité, sans angoisse artificielle, sautez sur ce livre. Ne remettez pas sa lecture à plus tard. Construit sur une argumentation élémentaire, sans jargon universitaire obscurcissant, il effectue une salutaire mise à jour de nos logiciels idéologiques, saturés des messages apocalyptiques assénés jour après jour par des médias certes indépendants des politiques, mais tellement dépendants des artificiers de la communication.

    Trois arguments majeurs:

    1. – La diminution du taux de CO2 dans l’atmosphère, bruyamment escomptée (protocole de Kyoto, sommet de Copenhague), est hors d’atteinte: d’abord parce que la consommation d’énergie est le marqueur principal de l’élévation du niveau de vie des populations. Du coup, comment exiger des pays émergents qu’ils abandonnent la voie qui nous a nous-mêmes conduits à une vie meilleure? Ensuite parce qu’il est vain d’imaginer que les hommes vont laisser volontairement en terre minerais et autres énergies fossiles à leur portée. Inutile de se voiler la face: toutes les ressources disponibles seront utilisées par l’humanité.
    2. – Quand bien même la quantité de CO2 contenue dans l’atmosphère augmentera, aucun fondement scientifique ne légitime le prêche apocalyptique annonciateur du cataclysme climatique censé en découler. Le matraquage médiatique ignore l’essentiel: l’évolution du climat est liée à l’activité solaire essentiellement; à l’activité humaine marginalement.
    3. – L’humanité doit avoir confiance en elle-même; en ses ressources propres. Au fur et à mesure des contraintes nouvelles qui s’imposeront à elle, elle saura élaborer les réponses qui lui permettront de continuer à s’adapter.

    N’ayons pas mauvaise conscience de vivre bien. Réjouissons-nous que des millions d’hommes sortent de la misère. Affranchissons-nous des prêcheurs de tout acabit. Continuons de construire le monde de demain, au lieu de nous réfugier dans un passé idéalisé (qui n’a jamais existé) dans l’espoir vain d’arrêter la marche en avant du monde.

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    • Le sommet de Copenhague s’est achevé dans la confusion. Échec, demi-échec ou avancée…? Les sentences des commentateurs tombent dru et tentent de se faire une place au soleil médiatique. Parmi eux quelques divas, dont Nicolas Hulot. Nul n’a pu échapper à ses états d’âme: « Affligeant et consternant » s’est égosillé la Castafiore de l’écologie. Peut-être bien. Mais ce qui transparait surtout dans ce jugement lapidaire c’est la vision du monde de son auteur, qui s’apparente à un rêve technocratique. (suite…)

  • «Pour en finir avec le piège de l’identité nationale»…
    …Chimère. Le piège est de vouloir «en finir»

    • « Misère de la philosophie », telle est le première idée qui surgit en fin de lecture du point de vue de Yves-Charles Zarka : « Pour en finir avec le piège de l’identité nationale » (LeMonde.fr – 11/12/2009). Et, si ça ne pouvait pas faire un titre -déjà pris- l’idée demeure. De fait, on comprend mieux en cheminant avec l’auteur pourquoi il est finalement sain que les philosophes proclamés se tiennent à l’écart de la politique ; et par contrecoup, pourquoi le rêve d’une cité où le roi serait philosophe est un rêve dangereux, pour la cité elle-même. L’action politique est l’expression d’une société vivante. La philosophie, celle-ci qui sourd du propos de l’auteur, exalte le fantasme d’une société achevée, définitivement parfaite, immobile, morte en un mot ; et se déploie comme si c’était le cas. Une philosophie du paradis. (suite…)

  • « Collecter par téléthon est 20 fois plus cher que par l’impôt »
    Oui mais, le Téléthon est populaire

    •  Cet article Collecter par téléthon est 20 fois plus cher que par l’impôt sur le blog (DéCHIFFRAGES) de Jean-François Couvrat est une indispensable mise en perspective. Toutefois, il faudrait l’enrichir de cet autre éclairage: le succès populaire des « Téléthon ». Et oui, c’est parce que le procédé plaît que de telles sommes ont été récoltées, avant aujourd’hui d’en ré-interroger la légitimité en raison justement de l’importance de ces sommes. Autant les gens semblent heureux de donner « volontairement » pour une cause identifiée, autant l’idée même d’impôt donne des poussées d’urticaire monstres dans notre bon pays. (suite…)

  • Après France-Irlande de football
    Etre Français n’est pas une sinécure
    (contribution incidente au débat sur l’identité nationale)

    • Ouf ! Les redresseurs de tort respirent. Ils se sont trouvé un nouveau motif d’autoflagellation. Ils vont pourvoir reprendre le fouet dont les lanières pendaient lamentablement au bord du bureau. L’équipe de France de football est qualifiée pour la coupe du Monde 2010. Sans gloire, mais qualifiée. Eh bien non. Pas si simple entonnent en chœur les bons Français qui ont pris la tête d’une nouvelle croisade morale. Le destin a aidé Thierry Henry lors de la passe décisive (suite…)

  • « Le sarkozysme est-il un révisionnisme ? »
    Déclamation de garde-champêtre

    • Ce n’est pas parce qu’on n’a rien de consistant à dire qu’on est obligé de se taire. On a aussi le droit de le faire savoir haut et fort. Dominique Hasselmann ne s’en est pas privé dans son blog, Le chasse-clou, mardi 10 novembre, en publiant «Le sarkozysme est-il un révisionisme?» Un amalgame de petites choses qui sent la bile, bien dans l’air du temps, mais qui se prend assez facilement pour la quintessence du génie intellectuel. Pensez-donc, «Le sarkozysme est-il un révisionnisme?» ça a une autre portée que « Nicolas Sarkozy est-il narcissique? ». Et une portée rien moins qu’universelle. Dans les pas d’Alain Badiou la France vient encore de faire un grand bon vers le néant.

    J’ai longtemps hésité à publier ce billet; parce que c’est le genre même d’écrit qui (suite…)

  • Devoir de réserve pour le prix Goncourt ?
    La lutte pour l’existence médiatique est cruelle

    • Le 2 novembre, Marie N’Diaye obtient le prix Goncourt pour son livre Trois femmes puissantes. Quelques jours plus tard, arrive sous les yeux d’Éric Raoult, député-maire UMP du Raincy, le texte d’une interview de la lauréate (Les Inrocks.com – 30/08/09). Monsieur le député se dit « choqué » par certains propos. Et du coup il souhaite que les lauréats soient tenus par un «devoir de réserve». Et, comme il est très courageux, il demande au ministre de la Culture de s’en charger. Joyeux lutin ! Le devoir de réserve pour un écrivain, il fallait l’inventer. Il ne reste plus qu’à lui donner quelque consistance. C’est une autre paire de manches.

    Comme souvent, cette réaction balourde d’Éric Raoult en dit bien davantage sur son auteur que sur le sujet qu’il veut mettre en lumière. Elle révèle surtout (suite…)

  • Jacques Chirac renvoyé en correctionnelle
    Ça lui en touche une, sans bouger l’autre

    • Jacques Chirac et Dominique de Villepin confrontés à la justice ; les deux images se sont télescopées à quelques semaines d’intervalle. Leur rapprochement a exacerbé le contraste entre les protagonistes, jetant une lumière cruelle sur leurs qualités et leurs limites respectives, sur la réussite de l’un et le fiasco de l’autre. L’un a l’élégance naturelle du cynique qui trace sa route sans se soucier des grincheux. L’autre est prisonnier d’une morale ancillaire qui l’empêche de s’élever. L’un trouve spontanément le ton juste dans les situations délicates. L’autre s’enferre dans des dénis alambiqués et théâtralisés qui le discréditent. (suite…)

  • « En fac de lettres ils se remettent à l’orthographe »
    Plaidoyer involontaire pour la simplification de l’orthographe

    • «En fac de lettres ils se remettent à l’orthographe» titre Ouest-France du lundi 2 novembre. «Arrivés à l’université d’Angers, des étudiants doivent redécouvrir les fondamentaux du français. Une opération exceptionnelle dans l’Ouest, pour aider les jeunes à se structurer et à s’insérer.» Soit. C’est bien, c’est grand, c’est beau. Sauf que, on voit bien à la lecture que ce n’est pas le sujet, l’orthographe. Le sujet, qui affleure juste sous la surface, c’est le monstrueux préjugé qui crucifie l’école de la République. Cette école qui pratique et enseigne la langue française comme une langue morte. En s’instituant gardienne éternelle de l’immaculée expression, elle en a fait une relique. Et cela ne l’émeut guère de voir ses enfants apparaitre comme étrangers à leur propre langue. Mais, une gardienne garde, et toucher à une relique est sacrilège. Il est des destins plus joyeux pour une langue vivante. (suite…)