Catégorie : L’air du temps

Glané dans l’air du temps

  • Délices inépuisables de la posture de victime

    Les mentalités françaises sont affectées par un penchant dominant, étouffant, prohibant toute créativité: celui de victime perpétuelle. Et comme il ne peut y avoir de victime sans bourreau, la conclusion tombe sous le sens: chacun s’échine à chercher ses bourreaux, et les trouve. Corollaire non-dit: chaque victime est donc le bourreau en puissance d’un autre. Mais chuuut, se dresse ici le mur de l’indicible, propre à conserver la nature exorciste du subterfuge. Par lui, la victime supplante l’acteur de sa propre vie. Quoi qu’il arrive « c’est pas sa faute ». Nous nous glorifions d’avoir décapité un roi. Mais, cette mise à mort nous a rendus orphelins. Et depuis nous recherchons en vain un succédané. (suite…)

  • La croisière ça m’use

    La France post soixante huitarde a passé sa vie en croisière; la croisière s’amuse. Mais faute d’accepter d’en payer le prix le paquebot entend lui «la croisière ça m’use.» Des accords de Grenelle aux 35 heures, les Français de cette génération se sont transformés, non « à l’insu de leur plein gré », mais volontairement d’équipage attentif à la bonne santé de son paquebot, en croisiéristes insouciants. La France ce sera les Caraïbes pour tous. C’est la gloire du modèle français que le monde nous envie. (suite…)

  • L’auto-intoxication médiatique

    Le quidam (citoyen ?) même informé, et peut-être surtout bien informé, se perçoit libre; et donc se croit libre. Il l’est certes, mais pas au-dessus des contingences. Car, bien souvent il ne voit pas la composante qui fait de lui le sujet-jouet de ses actes par médias interposés. A force de voir le monde par le prisme des médias, il finit par croire que le monde des médias est la substance du monde (*). (suite…)

  • Consternante réaction d’Edgar Morin sur «la politique de civilisation»

    Consternante cette intervention d’Edgar Morin dans « Le Monde«  (Le Monde en ligne du 2 janvier) sur «la politique de civilisation»; et pour les deux pôles de l’interview. A la fois celui du journaliste qui sollicite le sociologue dans ce registre-là; et celui de l’interwievé, Edgar Morin, qui se prête au jeu sans retenue; sans prise de distance. Écartons d’emblée la supputation d’un nouvel assaut contre la presse responsable des malheurs du monde. Mon propos est à cent lieues de ce lieu commun. Car le journaliste est aussi, et peut-être avant tout, un citoyen. Et c’est le citoyen que j’interpelle autant que le journaliste. En arriver à poser cette question-là dans ce but-là (but qui apparaît en filigrane dans le non-dit des questions-réponses) est très révélateur de l’état de décrépitude de la pensée politique dans notre beau pays. «…Nicolas Sarkozy a repris un concept que vous aviez défendu dans votre livre… Comment réagissez-vous à cette appropriation?» Difficile d’affirmer que la question est dépourvue d’arrière-pensée. Comme souvent, c’est dans le non-dit que prend naissance le sens. Éclairons donc un peu les présupposés. (suite…)