Catégorie : L’air du temps

Glané dans l’air du temps

  • Un titre du Monde éclaire le mal français
    L’accumulation des rapports révèle les limites de l’action politique

    «Un rapport remis en juin alertait le gouvernement sur le centre de rétention de Vincennes» (1). Voici dans ce titre du Monde.fr (24/06/08), une expression du « mal français », éclatant sous son apparente banalité d’information brute ; illustration d’une pensée chétive qui envahit l’espace public. Pour mettre en relief ce « mal français » éclairons-le sous deux angles distincts. L’un prendra le jeu politique institutionnel traditionnel comme ligne de force, celui qui apparaît spontanément au premier degré. L’autre suivra son pendant dans ce qu’on appelle parfois la société civile. (suite…)

  • Déclaration de principes du PS
    Trois pas en avant, trois pas en arrière

    Enfin un nouveau souffle au Parti socialiste ? En apparence oui. Le projet d’une nouvelle déclaration de principes (lire ci-dessous) est paru. Appelée à remplacer celle de 1990 elle a pour objectif premier de remettre le PS et dans la marche du monde, et dans le sens de la marche. Les avancées sont perceptibles, mais le ver est resté dans le fruit.

    Le préambule ose affirmer, enfin: «Pour les socialistes, l’être humain est un être doué de raison, libre, un être social qui grandit de sa relation aux autres, ouvert à toutes les potentialités». C’est-y pas beau, ça? « Un être doué de raison, libre… » peut-être, mais dont la raison et la liberté sont rappelées à l’ordre aussitôt proclamées, dans la suite même du paragraphe, vidant de sa substance la prémisse. «Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l’action, un avenir pour l’humanité.» Un pas en avant, un pas en arrière. (suite…)

  • La démagogie, miel de la démocratie

    La démagogie c’est le miel de la démocratie ; aussi jubilatoire à pourfendre qu’enivrante à entendre, mine de rien. Univers de rêve pour citoyens grincheux et journalistes oiseux, puisque dans l’imaginaire commun la démagogie existe en soi de façon autonome ; que c’est une activité coupable ; donc, nécessairement pratiquée par un fautif; en outre connu de toute éternité: le fautif c’est l’autre, le candidat, l’élu. Celui à qui on ne donne sa voix que s’il promet la lune. Celui qu’on voue aux gémonies, le même, lorsqu’on s’aperçoit (enfin) que la lune reste accrochée là-haut, irrémédiablement. Mais tout est en place dans le meilleur des mondes. Les bons ne peuvent être confondus avec les méchants. (suite…)

  • Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy
    La situation ne s’est pas améliorée estiment 79% des Français

    « Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, les Français portent un regard critique sur son bilan. L’action du président et de son gouvernement n’a pas permis d’améliorer la situation de la France et des Français, estiment 79 % des personnes interrogées par l’Ifop pour le Journal du Dimanche » rapporte Le Monde.fr du 20/04/08. Et c’est reparti pour un tour. Le président n’a pas tenu ses promesses, des promesses démagogiques qu’il s’est montré incapable de satisfaire… Encore des mots, rien que des mots, toujours des mots…

    Quelques mois après chaque scrutin les gentils petits Français découvrent, re-découvrent (?), que «   dire  » n’est pas l’équivalent de «   faire  » ; découvrent que l’élection de leur chouchou -quel qu’il soit- n’est pas un aboutissement mais un point de départ ; découvrent que psalmodier le mot «   réforme   » ne suffit pas à « faire » la réforme ; découvrent que la mise en œuvre d’une politique de réformes ne peut laisser les choses en l’état, ou alors c’est qu’il n’y avait pas besoin de réformes; à moins que, implicitement, la seule réforme acceptable serait celle qui ne change rien pour soi; découvrent que la magie du mot réforme fait merveille dans le monde éthéré des idées générales généreuses mais plus du tout à l’heure du passage à l’acte; découvrent qu’on ne peut pas être arrivé avant d’être parti, mais ne le perçoivent pas et se montrent donc incapables d’en tirer la moindre leçon.

    En France on est toujours pour la réforme, à condition que rien ne change pour soi. On est pour la réforme par nature, à condition qu’elle s’applique à autrui. Moyennant quoi la France est un grand pays et les Français un grand peuple, puisqu’il s’indigne que les résultats ne soient pas au rendez-vous avant même la mise en œuvre des réformes. Vraiment les politiques sont des bons à rien. Mais la démagogie c’est le miel de la démocratie.

  • Réforme du lycée : les manifs de printemps intégrées aux programmes officiels

    Le secret a été bien gardé. Mais selon des sources autorisées un projet de réforme a été signé entre le ministre de l’EdNat, les syndicats d’enseignants, les représentants des lycéens avec la bénédiction des associations de parents d’élèves. Il s’agit d’intégrer les manifs de printemps dans le cursus officiel de l’EdNat. La répétition chaque printemps des grèves lycéennes a fini par hérisser le poil de tous ceux qui de près ou de loin se sentent investi de quelque responsabilité éducative. Les enseignants d’abord, naturellement inquiets des risques encourus par les jeunes lycéens qui, s’en allant manifester, s’exposent à la loi de la rue. Et, leur conscience professionnelle conduit les professeurs à abandonner rapidement leurs cours, la mort dans l’âme, mais pour encadrer leurs élèves: l’esprit de sacrifice. (suite…)

  • Les lycéens kiffent trop la langue de bois syndicale

    C’est le printemps. Les lycéens sont dans la rue. Mais les enseignants veillent. Imprégnés jusqu’à la moelle de leur rôle d’éducateur ils les ont rejoint dare-dare : objectif, ne pas laisser ces chères têtes blondes affronter seules l’école de la rue. N’écoutant que leur courage ils ont délaissé leurs chaires pour les assister et les encadrer. Un vrai crève-cœur. Mais le résultat est là, bouleversant, au-delà de leur espérance. A écouter les représentants des lycéens on se demande bien ce qui leur reste à apprendre. Leur maîtrise de la vieille langue de bois syndicale devant micros et caméras est sidérante. (suite…)

  • Champion du nombrilisme sous couvert d’altruisme
    Robert Ménard en forme olympique

    « Tibet libre » proclame un panonceau, ce lundi 7 avril, sur le parcours parisien de la flamme olympique ; sur le parcours mais au bord du chemin. Sa légitimité du coup est entière : usage légitime et digne de la liberté d’expression et du droit de manifestation. Comme étaient légitimes le rassemblement de la FIDH sur l’Esplanade du Trocadero ou celui des députés devant l’Assemblée nationale. Même si la mémoire de Jean-Marc Ayrault lui joue des tours. Il avait oublié que François Mitterrand avait justifié en homme d’État qu’il était, la venue à Paris de Fidel Castro : « Il ne resterait pas grand monde si la France devait n’avoir de relations diplomatiques qu’avec les pays respectueux des droits de l’homme. » Mais la liberté de parole, y compris celle d’un député, n’exige pas la cohérence intellectuelle.

    Légitimes et dignes ces manifestations, préalable qui les rend aptes peut-être à servir la cause qu’elles défendent. La flamme suit le parcours officiel validé par le Comité International Olympique, et quiconque estime que l’événement est l’occasion de manifester peut le montrer le long du parcours. Rien à redire. Quant au reste, aux tentatives d’entrave du cortège c’est un autre univers. Un bel exercice d’égocentrisme sous couvert d’altruisme. (suite…)

  • Contre le disco, un carcan janséniste

    « Au secours, le disco revient ! » Sous ce titre à l’accent millénariste, en dernière page de Ouest-France (2 avril 2008), se déploie une curieuse argumentation, au parfum janséniste prononcé. Que l’auteur n’aime pas le disco, soit. Mais de là s’ériger en autorité de censure ! « Ah non, ça va pas recommencer » tonne-t-il en ouverture de son réquisitoire. Monsieur l’auteur n’aurait-il pas l’égo un poil surdimensionné ? « Déjà que le disco a pourri mon adolescence… » L’affirmation en soi n’a aucun intérêt pour le lecteur, sinon de braquer les projecteurs sur l’arrière plan métaphysique de cette rancœur complaisamment étalée. (suite…)

  • Quand la morale étouffe la pensée

    France pays des droits de l’Homme où l’on adore faire la leçon. Nos journaux aujourd’hui encore déversent des tombereaux de morale en vrac. Dans le seul Ouest-France du 01/04/2008 on a droit à: Arche de Zoé: les Français graciés et libérés. Un nouvel épisode de cette folle équipée tchadienne où des bienfaiteurs de l’humanité convaincus de porter le bien universel vont faire la leçon à l’Afrique et ne comprennent pas ce qu’on leur reproche. On a droit à: Les OGM à l’Assemblée: un débat sous pression. Un nouvel épisode des tribulations d’une bande d’hurluberlus qui prennent leur science du crédo pour la science et du coup se croient autorisés à saccager des années de recherche scientifique (suite…)

  • Quand la France s’éveillera, la Chine tremblera

    « Les Français veulent un boycott politique des JO de Pékin » amplifie Le Monde du lundi 24 mars. Alors que précisément : « Selon le sondage CSA pour RSF que présente Libération, 53 % des Français sont plutôt favorables au boycottage de la cérémonie d’ouverture par Nicolas Sarkozy (42 % plutôt défavorables) « pour protester contre la situation des droits de l’homme en Chine ». La tendance s’inverse quant au boycottage des J.O. par les sportifs français : 55 % n’y sont plutôt pas favorables, 41 % plutôt favorables. »

    Soit. La conscience morale du monde a enfourché un nouveau cheval de bataille à la mesure de son talent (suite…)