Catégorie : L’air du temps

Glané dans l’air du temps

  • Du grand malheur français : déjà vieux à 18 ans

    • Quelle grande malédiction a bien pu s’abattre sur le pays, ce drôle de pays, pour en arriver là? Quelle désolation. A 8 h 30 ce jeudi matin 7 octobre ma route croise celle d’une troupe de lycéens dans les rues de Challans, petite ville de Vendée, vingt mille habitants.

    – Qu’est-ce que vous faites-là à cette heure-là ?

    – On manifeste… claironne l’un; pour nos retraites fanfaronne un autre.

    Un silence dubitatif s’ensuivit, le temps de me persuader que j’avais bien compris. Puis je pris congé abasourdi :

    – Allez, bonne journée les vieux.

    Existe-t-il un autre pays au monde où l’on passe directement de l’enfance à la vieillesse?  (suite…)

  • « Nous les humoristes…»

    • Longtemps j’ai cru que le mot « humoriste » désignait quelqu’un de drôle, doué du talent de faire rire; jusqu’à ce que j’entende Stéphane Guillon déclarer : «Nous les humoristes…»; lui le rustre appliqué, ânonnant des historiettes glauques sorties d’un imaginaire de collégien attardé. Qu’un histrion au génie laborieux ose revendiquer le label « humoriste » en dit long sur la nature du personnage. «…ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait» avait diagnostiqué Michel Audiard.

  • Charles Pasqua assassiné par la Cour de justice de la République

    • Il avait vu juste Bernard Le Solleu, avec cette notation dans Ouest-France du 29/04/2010: «Un coup d’œil aux visages des douze juges députés et sénateurs laisse à penser en effet qu’il n’a pas que des ennemis ici… On lui donne du «monsieur le ministre d’État», du «cher collègue». En toute cohérence la justice de la confrérie lui a mitonné un verdict aux petits oignons. Charles Pasqua est condamné à 12 mois de prison avec sursis par ses pairs, autant dire ses compères: un ancien ministre, ancien député, encore sénateur jugé par six députés et sénateurs! C’est la Cour de justice de la République qui a bonne mine. (suite…)

  • Sur la scène de la Cour de justice de la République
    Charles Pasqua s’offre en bouc émissaire

    • Il finirait par nous arracher des larmes le pôvre Charles. Sa comparution devant la cour de justice de la République tourne au spectacle. Une farce. Une tragédie classique jouée par des personnages de commedia dell’arte; ce fond culturel si prégnant sur les iles bordant l’Italie, Corse et Sicile comprises(1). Aucun auteur, même de talent, n’aurait pu écrire ce rôle que Charles Pasqua joue avec un naturel inégalable. «Si vous considérez que je suis un pourri, condamnez-moi! Mais j’ai la faiblesse de penser que vous me connaissez mieux que cela…» Bernard Le Solleu (Ouest-France du 29/04/2010) note au passage dans un papier joliment troussé: «Un coup d’œil aux visages des douze juges députés et sénateurs laisse à penser en effet qu’il n’a pas que des ennemis ici… On lui donne du «monsieur le ministre d’État», du «cher collègue». (suite…)

  • Télé-réalité, soumission à l’autorité : la vérité en face

    • Et si les adultes commençaient à se comporter en adulte ? A fortiori ceux et celles qui font profession d’écrire, a fortiori pour le grand public. Je veux parler de journalistes notamment. «Pourquoi Le jeu de la mort va vous choquer» titre Ouest-France ce mercredi 17 mars, à propos d’une émission-reportage qui doit être diffusée le soir même sur France 2. Le reportage présente les attitudes et réactions des acteurs et du public, auxquels on a présenté comme un jeu télévisé la transposition d’une expérience universitaire menée aux États-Unis il y a une quarantaine d’années. Son maitre d’œuvre le psychosociologue Stanley Milgram en avait tiré un livre édifiant publié en français sous le titre La soumission à l’autorité (années 70).

    (suite…)

  • Les journalistes reprochent au général Georgelin de leur avoir donné l’info qu’ils lui ont soutirée

    • Ils sont forts les journalistes français. Ils reprochent au général Georgelin de leur avoir donné l’information qu’ils lui ont soutirée. Indépassables. Le général a dit la vérité, il sera exécuté aurait pu chanter Guy Béart. La malhonnêteté intellectuelle serait-elle une qualité journalistique? La profession s’offusque parce que le général Georgelin lui a donné une information. La grande muette ne sait plus tenir sa langue. Il aurait dû se taire, le militaire. Ne pas répondre; et se faire épingler pour dissimulation? L’affaire est d’autant plus extravagante qu’elle émane de gens dont le métier est de rechercher et de diffuser l’information. (suite…)

  • L’imposture climatique ou la fausse écologie (Claude Allègre)
    Pour prendre quelque distance avec les lieux communs médiatiques

    • Pour ceux qui seraient intéressés par une prise de distance avec les lieux communs médiatiques, cette fois sur le réchauffement climatique, voici un lien. Dans une tribune parue dans Le Figaro (15/02/10) Claude Allègre présente son dernier livre, « L’imposture climatique : Ou La fausse écologie » en ces termes: « Ce n’est pas par provocation que j’ai intitulé mon livre l’imposture climatique. C’est un choix réfléchi, grave, fondé hélas. Dans cette affaire du global warming – le fameux réchauffement climatique, qui nous a été imposé par une camarilla commune évidence et qui s’est soldée à Copenhague par un échec retentissant que tout rendait prévisible – les impostures se sont en effet, au fil des mois, multipliées. » On peut lire la suite sur le blog de Marc d’Héré où l’article a été repris.

  • Orange.fr change de manager, mais continue de prendre ses clients pour des poires

    • Chez Orange.fr, les  suicides (et tentatives) de salariés avaient ému le pays, leur nombre ayant fini par être associé au climat délétère imposé dans l’entreprise par un état-major de technocrates inaccessibles, réfugiés dans leur tour d’ivoire en forme de bunker. L’État actionnaire, incité à jouer son rôle sous la pression de l’opinion,

    était intervenu en poussant le PDG, Didier Lombard, vers la sortie. Le changement de direction opérationnelle est fait. On peut espérer que cela se traduira par une amélioration du climat de travail au sein de l’entreprise. Toutefois, à la lecture du billet de Stéphane Ruscher sur le site Clubic.com, on peut craindre que cela ne changera pas grand chose pour le client. « Humeur : Orange ou l’opérateur qui complique tout » montre que dans l’immédiat assurément le client d’Orange.fr sera toujours une poire, ou au choix un citron à presser jusqu’à la dernière goutte. (suite…)

  • Dix ans après, l’altermondialisme est sans avenir (2/2)
    L’art de faire parler de soi en se servant d’autrui

    • La communion dans le ressentiment ne fera jamais une politique (suite). C’est l’idée qui émerge de l’article de Jean-Pierre Langellier: Dix ans après sa naissance, le mouvement altermondialiste s’interroge sur son avenir politique (LeMonde.fr – 29/01/09). Sa lecture est un miroir cruel. L’Altermondialisme n’a pas d’avenir politique. On l’a vu dans la première partie. Les altermondialistes se rêvent en contre-pouvoir. En toute cohérence ils s’ingénient surtout à n’exercer aucune responsabilité politique. La seule chose importante pour un altermondialiste conséquent est la célébration de l’orthodoxie idéologique. L’altermondialisme est l’art de faire parler de soi en se servant d’autrui. (suite…)

  • Dix ans après, l’altermondialisme est sans avenir (1/2)
    Communier dans le ressentiment ne fera jamais une politique

    • La communion dans le ressentiment ne fera jamais une politique. Ce n’est pas un scoop. C’est pourtant ce que semblent découvrir les altermondialistes, si l’on en croit LeMonde.fr (29/01/09). «Dix ans après sa naissance, le mouvement altermondialiste s’interroge sur son avenir politique» titre le journal. L’auteur nous entraine dans la dynamique même de l’échec, cultivée avec soin par les protagonistes, s’efforçant de ne jamais prendre la moindre distance ou hauteur pour jauger leur pratique. Ils s’accrochent à la problématique altermondialiste posée dans les termes altermondialistes. Même s’ils font semblant de vouloir peser sur la marche du monde cela ne leur donne aucune prise sur le monde vivant. Et non seulement ils s’en accommodent, mais cela les comble. Entretenir le fantasme altermondialiste, dernière métamorphose du mythe de la table rase, voilà qui suffit à leur bonheur. (suite…)