Catégorie : Le panthéon des ego

  • Notre-Dame-des-Landes : la mort du projet ressuscite les réflexes politiciens archaïques

    Sursaut de dépit après l’annonce (17/01/2018) du gouvernement, l’abandon du projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. En un éclair, les nostalgiques du vieux monde politicien ont réactivé leurs automatismes rhétoriques, récupéré leurs vieux réflexes partisans: mélange de dénigrement, d’anathème, d’arrogance destiné à disqualifier l’autorité politique qui n’a pas eu l’intelligence de penser comme eux, d’aboutir à la même conclusion qu’eux.

    On en est donc encore là ? Ces jeux de posture n’ont donc pas disparu ? L’outrance des propos, la dramatisation des enjeux, la réduction d’une situation complexe à une option exclusive (chacun la sienne), le dénigrement de l’autorité décisionnaire, une quasi-annonce de fin du monde dès lors que l’option par soi préconisée n’est pas celle retenue: autant de réactions démesurées

  • Jacques Attali en Stroumpf grincheux
    E. Macron ébranle la statue du commandeur

    •  « Macron la stratégie du météore » : un reportage diffusé par France 3 le 21 novembre 2016. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, traité de manière plutôt sobre ce qui dans mon esprit est synonyme de qualité. Chacun se sera fait une opinion à l’aune de ses propres références. Je souhaite juste mettre en lumière ce numéro de comique que le montage nous a offert, de comique triste : l’interview de Jacques Attali.

      Il faut voir l’aigreur d’un Jacques Attali au moment de commenter l’entreprise politique d’Emmanuel Macron, l’aigreur qui transpire de son expression faciale, la voir plutôt que l’entendre car elle est en décalage avec le propos qui présente l’apparence formelle de la pensée distanciée. 

  • Gérald Dahan viré de Rire et Chansons
    Ne faisons pas d’un imposteur un martyr

    • «Gérald Dahan viré de Rire et Chansons après son canular», titre leParisien.fr du 22 février 2012. Et de préciser: «Spécialiste des canulars politiques, Gérald Dahan s’était cette fois attaqué à Nicolas Dupont-Aignan en se faisant passer pour Eric Cantona. Et le candidat de Debout le République est tombé dans le piège: « Si Sarkozy est réélu, ça finira dans le sang. Après, ça finira dans la rue. Tu vois le pays supporter encore Sarkozy cinq ans? demande-t-il au faux Eric Cantona (…) François Hollande, c’est un mec bien au fond. Le pansement Hollande est bien mieux que le pansement Sarkozy »».

    Et l’auteur de l’article poursuit: «L’humoriste, qui assure qu’on lui avait donné carte blanche..». Aïe, aïe, aïe. Voilà du journalisme (suite…)

  • Des enseignants subjugués par…
    Le miroir aux alouettes de Jean-Luc Mélenchon

    • «A Paris, Mélenchon charme les profs et les parents» titrait sur son blog Raphaëlle Besse Desmoulière, le 31 janvier 2012. «Avant la journée nationale de manifestations et de grève des professeurs contre la politique du gouvernement, prévue mardi, Jean-Luc Mélenchon avait décidé de soigner les enseignants. Lundi soir, dans un théâtre parisien, il a présenté « ses vœux et ses propositions à la communauté éducative ».» Un compte-rendu dont le détail est plutôt révélateur -et assez saisissant de ce point de vue- du vide intellectuel dans lequel pédale Jean-Luc Mélenchon pour séduire les nostalgiques d’un monde idéal qui n’a jamais existé.

    Si l’auteure du blog précise que le candidat Mélenchon a présenté «ses vœux et ses propositions», elle entoure le package de sages guillemets; avec raison et après avoir pris la précaution de signaler qu’il avait décidé de «soigner les enseignants», manière commode pour lui de soigner sa propre image; et en outre après avoir titré «Mélenchon charme les profs et les parents», ce qui semble être la seule ambition de ce raout électoral. Puisque à lire le compte-rendu (suite…)

  • Halte à l’indignation ! Place à l’action

    Stéphane Hessel est un homme éminemment respectable. Cela ne saurait justifier la vénération, comme une relique, du moindre de ses écrits.

    • « Indignez-vous ! » (Indigène editions) clame le titre de cet appel. Comme s’il s’agissait d’initier une attitude innovante; comme s’il s’agissait d’aller de l’avant. Si l’auteur de cette exhortation n’était pas Stéphane Hessel, j’aurais titré «Halte à l’imposture». Évidemment, aucun soupçon ici sur l’honnêteté intellectuelle de l’auteur, sur la droiture de ses motivations. Mon indignation, car il s’agit un peu de cela tout de même, n’est motivée que par la perception du vide immense entre la motivation affichée (améliorer l’homme et la société) et l’outil censé lui donner vie (l’indignation). Depuis combien de décennies l’auteur vit-il sur une autre planète? (suite…)

  • « Nous les humoristes…»

    • Longtemps j’ai cru que le mot « humoriste » désignait quelqu’un de drôle, doué du talent de faire rire; jusqu’à ce que j’entende Stéphane Guillon déclarer : «Nous les humoristes…»; lui le rustre appliqué, ânonnant des historiettes glauques sorties d’un imaginaire de collégien attardé. Qu’un histrion au génie laborieux ose revendiquer le label « humoriste » en dit long sur la nature du personnage. «…ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait» avait diagnostiqué Michel Audiard.

  • Edgar Morin
    La métamorphose du penseur en maître-penseur

    • La métamorphose du penseur en maître-penseur : un processus gagnant-gagnant-gagnant. L’égo du maitre est comblé, le crédo des aficionados réassuré, le prestige du journal raffermi. Edgar Morin vient d’offrir au  Monde.fr (09/01/2010) un Eloge de la métamorphose, une sorte de frénésie idéologique maquillée en discours savant. Mais la tenue de camouflage est voyante. L’illusion se dissipe vite. On peut être adepte de la pensée complexe, entre les murs, sans être soi-même prémuni contre les délices de la réduction idéologique, hors les murs. L’un n’exclut pas l’autre, manifestement. La panacée est au bout du stylo ; vieille rengaine. (suite…)

  • L’échec du sommet de Copenhague ou bien…
    L’échec du rêve technocratique de Nicolas Hulot

    Petite mise à jour – 16 janvier 2011

    Couv-CO2 mythe planétaire• Je viens de refermer le livre de Christian Gérondeau, CO2, un mythe planétaire (Editions du Toucan – 2009). En écrivant cette note (ci-dessous) à l’issue du sommet de Copenhague, il y a un peu plus d’un an, je n’avais pas mesuré l’ampleur de la falsification idéologique à l’origine de la croisade médiatique qui avait fabriqué l’évènement.

    J’avais perçu l’outrance du verbe, le manichéisme de l’argumentation, l’arrogance en un mot des écoloprêcheurs, puisqu’ils sont plutôt versés dans le façonnage de peurs millénaristes que dans l’étude approfondie des situations complexes.  Or, la lecture de Christian Gérondeau nous fait entrer dans la dimension cachée de la posture écologiste: on n’est plus dans  l’outrance; on est dans la falsification.

    A lire d’urgence. A faire lire. Vous tous qui voulez vivre sans honte, sans culpabilité, sans angoisse artificielle, sautez sur ce livre. Ne remettez pas sa lecture à plus tard. Construit sur une argumentation élémentaire, sans jargon universitaire obscurcissant, il effectue une salutaire mise à jour de nos logiciels idéologiques, saturés des messages apocalyptiques assénés jour après jour par des médias certes indépendants des politiques, mais tellement dépendants des artificiers de la communication.

    Trois arguments majeurs:

    1. – La diminution du taux de CO2 dans l’atmosphère, bruyamment escomptée (protocole de Kyoto, sommet de Copenhague), est hors d’atteinte: d’abord parce que la consommation d’énergie est le marqueur principal de l’élévation du niveau de vie des populations. Du coup, comment exiger des pays émergents qu’ils abandonnent la voie qui nous a nous-mêmes conduits à une vie meilleure? Ensuite parce qu’il est vain d’imaginer que les hommes vont laisser volontairement en terre minerais et autres énergies fossiles à leur portée. Inutile de se voiler la face: toutes les ressources disponibles seront utilisées par l’humanité.
    2. – Quand bien même la quantité de CO2 contenue dans l’atmosphère augmentera, aucun fondement scientifique ne légitime le prêche apocalyptique annonciateur du cataclysme climatique censé en découler. Le matraquage médiatique ignore l’essentiel: l’évolution du climat est liée à l’activité solaire essentiellement; à l’activité humaine marginalement.
    3. – L’humanité doit avoir confiance en elle-même; en ses ressources propres. Au fur et à mesure des contraintes nouvelles qui s’imposeront à elle, elle saura élaborer les réponses qui lui permettront de continuer à s’adapter.

    N’ayons pas mauvaise conscience de vivre bien. Réjouissons-nous que des millions d’hommes sortent de la misère. Affranchissons-nous des prêcheurs de tout acabit. Continuons de construire le monde de demain, au lieu de nous réfugier dans un passé idéalisé (qui n’a jamais existé) dans l’espoir vain d’arrêter la marche en avant du monde.

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    • Le sommet de Copenhague s’est achevé dans la confusion. Échec, demi-échec ou avancée…? Les sentences des commentateurs tombent dru et tentent de se faire une place au soleil médiatique. Parmi eux quelques divas, dont Nicolas Hulot. Nul n’a pu échapper à ses états d’âme: « Affligeant et consternant » s’est égosillé la Castafiore de l’écologie. Peut-être bien. Mais ce qui transparait surtout dans ce jugement lapidaire c’est la vision du monde de son auteur, qui s’apparente à un rêve technocratique. (suite…)

  • Un commando Green-Peace à l’Assemblée nationale
    L’extase de l’abbé Mamère

    • A quelques jours du sommet de Copenhague, ce mercredi 2 décembre, un commando de Green-Peace réussit à déjouer le filtrage à l’entrée de l’Assemblée nationale. De la galerie du public certains de ses membres ont tenté de déployer une banderole portant le slogan « aux actes monsieur le Président » tandis qu’une amazone de salon descendait en rappel, du balcon dans l’hémicycle. Réveillé en sursaut par le brouhaha, l’abbé Mamère s’est levé et a applaudi. Le vert Trissotin de l’Assemblée nationale était au bord de l’extase. (suite…)

  • De grâce, arrêtez M. de Villepin ; vous faites pitié

    • De grâce arrêtez, monsieur de Villepin ; vous faites pitié. Et la pitié est le pire sentiment que puisse susciter un homme public. Je vous ai vu hier soir encore (mardi 20 octobre) au sortir de la salle d’audience vous précipiter sur les micros et je vous ai entendu vous épancher encore sur votre malheur dans le registre que vous croyez devoir tenir, celui de victime. Mais en agissant ainsi vous renforcez vos détracteurs dans leur sentiment. Vous suscitez le malaise tant votre discours est déconnecté des motifs qui vous ont conduit sur le banc des prévenus. (suite…)