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PS – La culture du débat… c’est plutôt
La culture des courants d’air

Écrit le 21 février 2008 par Jiceo

«PS: une convention en juin est dans l’air», voilà le titre qu’on pouvait lire dans Ouest-France du 21 février. Et qui se poursuivait ainsi: «La première réunion de la commission de la rénovation du PS s’est tenue, mardi soir, au siège national du Parti sous la présidence de François Hollande. L’une des questions les plus sensibles concerne la représentation des diverses sensibilités du PS. Actuellement, les instances du parti, à tous les niveaux, sont composées proportionnellement au poids des courants. Ségolène Royal et ses partisans ont défendu un changement d’organisation: la règle de la majorité prévaudrait partout. Les adversaires de cette orientation refusent toute « présidentialisation » du PS, au nom de « la culture du débat ». Le PS pourrait tenir, en juin, une convention nationale pour valider ses réformes d’organisation.»

Une fois encore, le PS montre avec générosité qu’il n’est pas ce qu’il prétend être, un parti politique; c’est-à-dire un regroupement d’hommes volontaires tendu vers l’exercice des responsabilités. «L’une des questions les plus sensibles concerne la représentation des diverses sensibilités du PS. Actuellement, les instances du parti, à tous les niveaux, sont composées proportionnellement au poids des courants.» Il se donne lui-même en caricature de parti politique, et avec bonne conscience. Appelez cela comme vous voulez, ce nouvel engouement qui suit chaque revers électoral: refondation, rénovation, reconstruction… Au PS ce sont des mots, encore des mots, rien que des mots. Chacun y va de sa formule en tâchant de se distinguer de tous les autres. Pour en faire quoi? Nul ne s’en soucie. La seule chose qui compte c’est de se compter; de mesurer le poids de sa chapelle dans l’espoir, faute d’être élu évêque, au moins de faire partie du conseil des chanoines.

Moulins à paroles

Le plus rigolo dans l’affaire c’est que cette guéguerre perpétuelle tente de se camoufler sous les traits plus flatteurs de « culture du débat ». En fait de débat, on est convié à un vieux relent de culture marxienne, à son verbiage radicalo-gauchiste où le seul objectif est non d’exercer des responsabilités politiques, mais de faire porter par les mots son pouvoir de nuisance. En interne comme en externe. A chaque fois qu’il a eu un candidat apte à être élu parce que reconnu comme tel par les Français, (l’ensemble des Français) le PS s’est appliqué à l’abattre en interne. Ce fut Michel Rocard il y a quinze ans; Dominique Strauss-Kahn plus récemment.

Appeler cela «culture du débat» procure un petit côté rafraîchissant, rétrospectivement lorsqu’on perçoit que la seule chose qu’elle produit avec constance et obstination ce sont des courants d’air.

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Un commentaire sur “PS – La culture du débat… c’est plutôt
La culture des courants d’air”

  1. […] ça a commencé en 1993, après la claque des législatives. Depuis lors, de façon cyclique les ritournelles de la modernisation, de la rénovation, de la refondation occupent le Top-10 des médias. Mais chacun sa partition. Jamais à l'unisson. D'échec électoral […]

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