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L’obscène monsieur de Villepin

Écrit le 21 septembre 2009 par Jiceo

Il devient obscène monsieur de Villepin à poursuivre son exhibition abracadabrantesque, ce lundi 21 septembre 2009 premier jour du procès Clearstream. Faut-il être rustre pour se croire ainsi chez soi dès qu’on gravit des marches encadrées de colonnes? Parce qu’on fut un temps l’occupant d’un bureau rue du Faubourg Saint-Honoré ou bien titulaire de quelque autre palais de la République rue de Varenne on pourrait s’autoriser à prendre tous les palais de La République pour des résidences secondaires? Y compris le palais de Justice? On pourrait se comporter dans la salle des pas perdus comme dans sa propre salle de bain?

Faut-il sortir de la cuisse de Jupiter pour s’imaginer transformer la salle des pas perdus en vulgaire estrade médiatico-politique? « Je suis ici par la volonté d’un homme. Je suis ici par l’acharnement d’un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J’en sortirai libre et blanchi, au nom du peuple français. Certains voudraient croire qu’il n’y a pas dans notre pays de procès politique. Je veux le croire aussi. Et pourtant nous sommes ici en 2009 et nous sommes en France. » Quelle impudence.

Ne pas se faire prendre à jouer aux petites voitures

Il y a sans doute une meilleure manière de garder sa dignité lorsqu’on est convoqué au tribunal, et en l’occurrence pas pour une peccadille. C’est de faire profil bas et de déclarer s’en remettre à la sagesse de la justice. Voilà un comportement républicain; citoyen; digne. A fortiori pour un ancien ministre de la République. Laissons le procès se dérouler. Le tribunal appréciera la culpabilité des uns et des autres. En attendant il serait délicat de présumer que l’instruction a renvoyé en correctionnelle le ci-devant Dominique de Villepin juste pour le plaisir, sans quelques éléments à charge. Attendons pour condamner l’instruction que le tribunal ait rendu son jugement.

Pour le reste, on veut bien comprendre que le monde chancelle lorsqu’on voit partir en fumée l’image de perfection achevée qu’on voulait donner de soi. Mais de là à inverser les rôles, à se présenter soi comme victime, jusque dans l’enceinte du palais de Justice. Quelle belle leçon d’incivilité jetée à la face du pays. Quand on veut jouer au grand garçon, accaparé exclusivement par de hautes préoccupations, il ne faut pas se faire prendre à jouer aux petites voitures, comme un petit garçon. Ou alors assumer dignement les conséquences, ce qui est encore demeurer un grand garçon.

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