Catégorie : La gauche, deux ou trois choses que je sais d’elle

La gauche vue de l’intérieur

  • 8 – La gauche française ? (suite)
    Vers une société de responsabilité

    Peut-on amorcer la défense et illustration d’une société de responsabilité sans passer par un préalable? Celui-ci: comment se fait-il que nous soyons réduits à devoir exhumer ce qui constitue la pierre angulaire de l’action politique et du statut de citoyen (les deux; l’un ne va pas sans l’autre) dans une démocratie? Et, qui devrait donc être connue de tous et reconnue comme telle et pratiquée comme telle: la responsabilité. La responsabilité politique cela ne consiste pas à savoir ce qu’il faut faire, mais à le faire soi-même. Le catéchisme à coloration humanisto-marxisante ne pourra pas indéfiniment se faire passer pour ce qu’il n’est pas. (suite…)

  • 7 – La gauche française ? (suite)
    L’étiquette vous dis-je

    Enfermée dans sa tour d’ivoire idéologique, prisonnière volontaire, la gauche française tourne autour du pouvoir. Elle voudrait en avoir les leviers mais sans avoir à en assumer les responsabilités. Même le PS, ébloui par les paillettes rhétoriques de la gauche extrême n’est pas parvenu à se construire une culture de parti de gouvernement en accord avec sa nature de parti de gouvernement: un quart de siècle après mai-1981. Elle demeure déchirée entre sa posture favorite de prescripteur (sa prétention à incarner la conscience morale du monde) et sa nature d’acteur politique (foncièrement contingente et responsable de ses actes comme de ses paroles). Elle ne veut pas choisir et entretient ainsi sa propre impuissance. Elle peut alors impunément* continuer de jouer à croire que c’est le capitalisme son ennemi quand elle n’a sans doute pas de pire ennemi qu’elle-même.  A se vouloir l’unique et universelle échelle de la mesure de tout, mais surtout du Bien, elle n’est plus grand chose. (suite…)

  • 6 – La gauche française ? (suite)
    Fracture culturelle, thérapie institutionnelle : échec assuré

    La fracture qui a coupé la gauche française du pays vivant est de nature culturelle. Or, les réponses consacrées des partis de gauche relèvent toujours et exclusivement du registre institutionnel de la politique. Voilà pourquoi les emplâtres nommées refondation ou modernisation ou rénovation ou encore reconstruction ont toujours échoué et sont condamnés à l’échec. La terminologie est riche mais ne change rien à l’affaire; elle fait juste illusion. Problèmes perçus et solutions escomptées ne relèvent pas du même registre.

    Ces appels compulsifs à la refondation tournent autour d’un bug congénital. Ils sont truffés de références en forme de réponse implicite (suite…)

  • 5 – La gauche française ? (suite)
    Continuellement en porte-à-faux

    Autant dire que la gauche historique paraît continuel­lement en porte-à-faux, elle qui s’est toujours entichée de dédaigner les questions économiques, sauf celles sorties du chaudron de potion magique sous le gentil nom de nationalisations, ou encore de mondialisation et bientôt, (suite…)

  • 4 – La gauche française ? (suite)
    Plombée par ses chaînes idéologiques

    Voilà donc un Parti Socialiste plutôt « super syndicat » que parti. Une supercherie qui, pour continuer de donner le change, nécessite du soin dans la mise en scène de ses échecs électoraux. En son sein, la revendication tient lieu de projet et de programme politique. Le PS est en quelque sorte la couverture idéologique jetée sur une activité de lobbying, celle de défenseurs intransigeants de statuts ana­chroniques. (suite…)

  • 3 – La gauche française ? (suite)
    C’était mieux avant

    Pour sûr, tout était mieux avant ou, sinon mieux, as­surément plus facile. Avant ce glorieux 10 mai 1981 par exemple, au temps béni du «Programme commun» dans les années soixante-dix. Depuis le retour de De Gaulle et l’avènement de la Ve République, la gauche semblait de­voir être écartée du pouvoir pour un bon bout d’éternité. (suite…)

  • 2 – La gauche française ? (suite)
    Mais c’est la conscience morale du monde !

    Au fond, «l’homme de gôche» se voudrait la conscience morale du monde. Et rien d’autre; surtout rien d’autre. Un rôle sur mesure pour discoureur invétéré, dans une pièce dont il est également auteur, metteur en scène et seul critique accrédité. Avec des personnages et des ré­pliques modelés à sa guise, toutes les conditions d’un suc­cès éternel sont enfin réunies. (suite…)

  • 1 – La gauche française ? (suite)
    Elle adore la politique, oui mais dans l’opposition

    Le PS n’est pas un parti politique, malgré l’illusion qu’entretient son nom.

    Nombreux parmi les gens de gauche, électeurs ou adhérents ne sont pas des militants politiques, quoi qu’ils en disent. Ils adorent les campagnes électorales ; ils ne se lassent pas des grands meetings où l’on peut se lâcher et se réjouir des bons mots censés clouer au pilori l’adversaire, souvent considéré et traité en ennemi. Ils ne se lassent pas de mani­fester contre, forcément contre, et d’accuser sans fin, de vouer aux gémonies tous ceux (suite…)

  • Deux ou trois choses que je sais d’elle
    Prologue – A gauche on joue à la politique

    Deux ou trois choses que je sais d’elle. Elle la belle endormie sur ses lauriers fanés, celle qui se nomme elle-même « La gauche », avec un « L » majuscule. Usant abondamment du vocable en s’efforçant de ne jamais le doter d’un contenu consistant, elle s’est offert le luxe d’en faire un mot magique. Cela fait le charme des contes de fées, mais se transforme en tragédie transposé tel quel dans le monde d’ici-bas, a fortiori quand on se pique de « faire de la politique ». (suite…)