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Gueule de bois au PS
Boire ou conduire, il faut choisir

Écrit le 22 novembre 2008 par Jiceo

• « Surtout, bien prendre garde Ă  ne jamais nous retrouver en situation de gouverner », tel est le fond culturel sur lequel vĂ©gète le PS. C’est ce que rappelle avec force ce titre, paru ce samedi 22 novembre sur Ouest-France.fr: «PS: Martine Aubry Première secrĂ©taire pour 42 voix. Le camp Royal crie au scandale !» Titre sous lequel on trouve cette perle: «La situation a mĂŞme failli dĂ©gĂ©nĂ©rer vers 2 h du matin quand des militants des deux camps se sont retrouvĂ©s devant le siège du PS. « Magouilleurs », hurlaient les partisans de SĂ©golène Royal. « Unité », leur rĂ©pliquaient les troupes de Martine Aubry.»

Le caractère comique de l’Ă©change tient essentiellement au fait qu’il suffit d’imaginer l’Ă©cart de 42 voix dans l’autre sens, pour pouvoir sans restriction intervertir les rĂ©pliques des protagonistes. C’est quand mĂŞme plus marrant de se battre pour avoir raison que de se battre pour gouverner. En interne on se bat courant contre courant, chacun persuadĂ© d’avoir raison (verbalement) contre tous les autres, ce qui suffit au bonheur des militants. Vers l’extĂ©rieur on abreuve le monde d’incantations enflammĂ©es contre la droite, contre le gouvernement, contre le capitalisme, contre l’Europe, contre la mondialisation, contre la consommation, contre la pollution… ce qui suffit Ă  combler les militants. Mais Ă  prendre ainsi pour action politique cette langueur romantique on se place soi-mĂŞme en situation d’Ă©chec perpĂ©tuel; ce qui est le but du jeu. Ne nous le cachons pas mĂŞme s’il est inavouable.

Le verbe radical, strass et paillettes de l’extrĂŞme gauche

Martine Aubry-SĂ©golène Royal, 50-50. Match nul. Le PS immobilisĂ©. C’est la chute finale… dans le chaudron de pusillanimitĂ© que mijote la gauche française depuis des lustres, d’oĂą se dĂ©verse ce suave Ă©lixir au goĂ»t de potion magique: dire le bien urbi et orbi, et, du haut de ce piĂ©destal moral s’Ă©riger en censeur intransigeant du mal universel; posture du sauveur suprĂŞme. VoilĂ  la nature de la politique cultivĂ©e par la gauche française, y compris chez les militants du PS. Ceux-ci, hypnotisĂ©s par le prestige qu’eux-mĂŞmes accordent au verbe radical, strass et paillettes de l’extrĂŞme gauche, sont du coup tenus par un invincible sentiment de culpabilitĂ© Ă  son Ă©gard. Ils se rĂŞvent acteur politique en s’imaginant pouvoir conserver le statut de procureur moral. Mais les deux Ă  la fois c’est impossible, ce qu’ils n’entrevoient mĂŞme pas. Boire (l’enivrant Ă©lixir de vertu) ou conduire (la politique du pays), il faut choisir.

Tard dans la nuit, avant ce dĂ©nouement matinal (provisoire?)  quelques images tournĂ©es au siège de campagne de Martine Aubry Ă  Lille en disaient long sur le sujet. Les militants venaient d’ĂŞtre informĂ©s que la tendance qui donnait jusqu’alors SĂ©golène Royal en tĂŞte s’inversait. Et que s’est-il produit? Les hĂ©ritiers de François Mitterrand ont alors entonnĂ© l’Internationale, un quart de siècle après le 10 mai 1981, comme si la culture de gouvernement n’avait fait aucun progrès dans le parti depuis qu’il est devenu parti de gouvernement. Passons sur la folie qui consiste Ă  imaginer Martine Aubry en icĂ´ne rĂ©volutionnaire sur les barricades. Cela n’est qu’un pĂ©chĂ© vĂ©niel. La tragĂ©die de la gauche française c’est son amour immodĂ©rĂ© du mythe de la table rase, dans sa version lutte finale bien entendu, nettement plus propice aux fantasmes d’hĂ©roĂŻsme; rĂ©vĂ©lateur cruel de son immaturitĂ© idĂ©ologique.

Comme elle imagine le monde coupĂ© en deux entre les mĂ©chants capitalistes et les bons travailleurs (le mal sĂ©parĂ© du bien par une frontière impermĂ©able) la gauche imagine un temps linĂ©aire, une ligne droite de l’histoire avec un avant oĂą règne le mal et un après (après le grand soir, faut-il le prĂ©ciser?) point de dĂ©part du bien appelĂ© Ă  rĂ©gner jusqu’Ă  la fin des temps. Et, tout bien pesĂ©, mieux vaut attendre le grand soir que se salir les mains dans la gestion courante du capitalisme dĂ©cadent, forcĂ©ment dĂ©cadent, n’est-ce pas? A gauche, les choses vont rester en l’Ă©tat. Les militants du PS ne veulent surtout pas gagner, ni les prĂ©sidentielles, ni les lĂ©gislatives. Cela expose Ă  devoir rendre des comptes, pas forcĂ©ment conformes aux attentes et aux promesses. TragĂ©die du pouvoir qu’on fait semblant de courtiser, mais qu’on redoute foncièrement. PlutĂ´t l’assurance d’incarner le bien jusqu’Ă  la fin des temps, en s’efforçant de demeurer dans l’opposition.

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Un commentaire sur “ Gueule de bois au PS
Boire ou conduire, il faut choisir”

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