Quand j’observe le monde et que j’y vois tant de mal, mon cœur souffre. Et levant un poing vengeur je proclame: «supprimons le mal pour qu’advienne le règne du bien.» Alors, succombant à mon courage, je me métamorphose en fantassin prolixe de la lutte finale contre le malheur du monde; dont moi je connais la cause; unique sous ses appellations successives de capitalisme, impérialisme, globalisation… L’origine du mal, naturellement, est extérieure (suite…)
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4 – La gauche française ? (suite)
Plombée par ses chaînes idéologiquesVoilà donc un Parti Socialiste plutôt « super syndicat » que parti. Une supercherie qui, pour continuer de donner le change, nécessite du soin dans la mise en scène de ses échecs électoraux. En son sein, la revendication tient lieu de projet et de programme politique. Le PS est en quelque sorte la couverture idéologique jetée sur une activité de lobbying, celle de défenseurs intransigeants de statuts anachroniques. (suite…)
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95 hobereaux ligués contre la suppression des départements
Supprimer l’échelon départemental de l’exquis dédale administratif français? En voilà une question impudente! Que le sujet, une fois de plus, revienne sur la place publique ne saurait troubler les hobereaux titulaires des trônes, souvent magnifiques, des 95 « palais du département » métropolitains. A leurs yeux, poser la question est en soi une injure. Seule réponse digne, droite et gauche à l’unisson: crier plus fort que le questionneur, pour le réduire au silence. Ce qui fut fait en 48h. (suite…)
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3 – La gauche française ? (suite)
C’était mieux avantPour sûr, tout était mieux avant ou, sinon mieux, assurément plus facile. Avant ce glorieux 10 mai 1981 par exemple, au temps béni du «Programme commun» dans les années soixante-dix. Depuis le retour de De Gaulle et l’avènement de la Ve République, la gauche semblait devoir être écartée du pouvoir pour un bon bout d’éternité. (suite…)
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Contre Sarkozy, le culte de la laïcité (4/4)
[4/4] La quête d’absolu peut prendre des voies dangereuses. Pour autant, je ne suis pas en train de plaider pour une société austère où tout écart serait prohibé. Il n’y a aucun jugement moral dans le tableau, ci-dessus. Mais interrogeons-nous sur l’ampleur de ces phénomènes. Si vraiment la société n’était pas travaillée par une quête de sens, une quête de spiritualité, de transcendance, assisterions-nous à cela à cette échelle-là? (suite…)
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Contre Sarkozy, le culte de la laïcité (3/4)
[3/4] Voilà le plus important. Refuser par principe toute modification de la loi c’est, ignorant que la situation de 2005 n’a plus grand chose de commun avec celle de 1905, l’auréoler d’un caractère universel et intemporel qu’elle n’a pas; c’est la réduire à une idéologie, en faire un nouveau dogme. La loi de 1905 était une loi de circonstance. Sa modification éventuelle ne serait qu’adaptation aux changements intervenus en un siècle. (suite…)
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Contre Sarkozy, le culte de la laïcité (2/4)
[2/4] A bien y regarder, la portée de la loi de 1905 est loin de posséder le caractère universel qu’on lui prête. Premièrement parce que dans les démocraties modernes qui ne connaissent pas la laïcité au sens français du terme, la liberté, les libertés ne me semblent pas moins assurées qu’en France. Ou alors, cela reste à démontrer. Espagnols, Allemands, Anglais, Suédois… auraient-ils quelque chose à nous envier de ce point de vue? (suite…)
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Contre Sarkozy, le culte de la laïcité (1/4)
Loi de 1905, discours au Vatican ou à Riyad… Nicolas Sarkozy invite les Français à réfléchir à leur relation au monde (entendez au « monde qui va », le monde vivant qui change), en questionnant le statut de la religion dans notre conception du monde. Il ne joue pas à provoquer les citoyens comme font semblant de croire ses détracteurs. Sur ce sujet aussi, le débat serein semble impossible dans la République. Quel serait l’intérêt d’un président de la République à un tel comportement? Les sempiternelles réactions instinctives crispées (suite…)
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Délices inépuisables de la posture de victime
Les mentalités françaises sont affectées par un penchant dominant, étouffant, prohibant toute créativité: celui de victime perpétuelle. Et comme il ne peut y avoir de victime sans bourreau, la conclusion tombe sous le sens: chacun s’échine à chercher ses bourreaux, et les trouve. Corollaire non-dit: chaque victime est donc le bourreau en puissance d’un autre. Mais chuuut, se dresse ici le mur de l’indicible, propre à conserver la nature exorciste du subterfuge. Par lui, la victime supplante l’acteur de sa propre vie. Quoi qu’il arrive « c’est pas sa faute ». Nous nous glorifions d’avoir décapité un roi. Mais, cette mise à mort nous a rendus orphelins. Et depuis nous recherchons en vain un succédané. (suite…)
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La croisière ça m’use
La France post soixante huitarde a passé sa vie en croisière; la croisière s’amuse. Mais faute d’accepter d’en payer le prix le paquebot entend lui «la croisière ça m’use.» Des accords de Grenelle aux 35 heures, les Français de cette génération se sont transformés, non « à l’insu de leur plein gré », mais volontairement d’équipage attentif à la bonne santé de son paquebot, en croisiéristes insouciants. La France ce sera les Caraïbes pour tous. C’est la gloire du modèle français que le monde nous envie. (suite…)